Suspension des travaux parlementaires à l'Assemblée Nationale : le lundi 12 mars 2012.

Edito

Chaque jour amène son lot de candidatures à la présidence de la république et ce n'est pas pour moi un signe de bonne santé démocratique, j'y vois plutôt la marque de la méconnaissance de cette fonction et un manque de modestie face aux qualités qu'elle impose.

Entre déclarés et supposés, ce n'est pas moins une bonne quinzaine de postulants qui pensent avoir l'étoffe d'un chef d'état. Cela me fait penser à la réflexion du Général de Gaulle qui, pressé par son entourage pour qu'il désigne son successeur, avait répondu : « ne craignez rien, après moi ce ne sera pas le vide, mais plutôt le trop-plein ».

A titre personnel, je crois qu'actuellement aucun politique, hormis Nicolas SARKOZY, n'est en situation de diriger le pays. Certes, aucune méthode de gestion n'est exempte de critiques, surtout en politique, mais à ceux qui privilégient la forme au fond, je les renvoie à la fable de La Fontaine « Le meunier, son fils et l'âne » pour qu'ils admettent que quoi que l'on fasse, il y a toujours sujet à critiquer la manière dont c'est fait. Ce qui m'intéresse pour ma part c'est l'efficacité de l'homme dans l'action et dans la conduite nécessaire des réformes.

Face à la crise, face à cette mutation, le temps est résolument à l'action et non au manque de courage, au déni de réalité, aux promesses coûteuses et non financées, aux cadeaux irréalistes et aux vieilles recettes qui ont déjà failli.

Après une si longue attente, la France était en droit d'attendre que le projet socialiste ne soit ni de la poudre aux yeux ni un salmigondis réchauffé du projet Jospin de 1997... Raté !

Les mêmes acteurs qu'en 1997 sont à la manoeuvre : Aubry, DSK, Hollande, Royal... les mêmes propositions sont de retour : la gauche plurielle, la suppression des heures supplémentaires, les emplois jeunes, l'augmentation des dépenses publiques, le tout financé sur le pouvoir d'achat des classes moyennes pénalisé par la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG. Alors que dans le même temps l'ensemble des démocraties occidentales, socialistes ou libérales, ont mis en action de telles propositions.

Qui peut croire que des solutions qui ont échoué à la fin du 20ème siècle vont pouvoir réussir au début du 21ème siècle ?

Ce retour vers le passé et les vieilles errances socialistes n'est pas de nature à préparer la France aux défis qui l'attendent, pas plus que les solutions proposées par le Front National qui sont marquées au coin de la démagogie. Le programme économique du FN pour 2012 basé sur la sortie de l'euro qui serait la ruine des Français, les protections douanières, la souveraineté monétaire, la dévaluation... et le retour « des femmes à la maison » avec la création d'un salaire parental, est tellement coûteux et irréaliste que sur les trois conseillers économiques de Marine LE PEN deux ont refusé d'apparaître à ses côtés lors de sa présentation.

L'avenir de la France n'est pas au repli sur soi ; au retour sur le passé je préfère les solutions d'avenir, certes plus difficiles, mais porteuses d'espoir pour les Français. Cette philosophie a été la ligne de conduite du gouvernement qui, malgré la crise, a su prendre ses responsabilités au risque de l'impopularité.

Nous venons de subir la pire crise économique depuis cent ans et si certains, bien sûre, en ont été les victimes, les Français n'ont pas connu ce qu'ont connu certains Américains évincés de leur logement, ce qu'ont connu les Grecs, les Portugais et les Irlandais avec des diminutions de salaire importantes ou les Espagnols avec un doublement du chômage et des faillites retentissantes. Tout ceci doit nous amener à beaucoup d'humilité.

Voilà quatre ans que l'opposition matraque le Gouvernement, sans rien proposer de sensé. Nous nous sommes attaqués au déficit public et à la diminution des dépenses de l'Etat qui aujourd'hui représentent la moitié de la richesse produite en France. A 14 mois d'une élection majeure, en plein bouleversement économique et sociétal, le temps n'est pas au jeu politicien mais au réalisme.

Nous devons construire notre pays en regardant le monde tel qu'il est aujourd'hui et se souvenir que les Français ont toujours su affronter les périodes les plus difficiles avec succès chaque fois qu'ils ont été unis. Sacrifier notre jeunesse sur des dogmes idéologiques ne correspond pas du tout à ma vision de la société solidaire que je souhaite.

Aussi, il faut nous rassembler pour faire gagner la France, ensemble nous sommes capables de relever tous les défis de la mondialisation, nous en avons les capacités et les talents. En politique, demander des efforts à ses concitoyens n'est pas forcément ce qu'il y a de plus populaire mais c'est à ce prix que nous retrouverons la prospérité qui conduira au plein emploi et à notre capacité à soutenir les plus faibles. Voilà où est le chemin de la solidarité car si certains connaissent des difficultés, n'oublions pas que la France est la cinquième puissance économique mondiale, c'est la clé de notre réussite, nous sommes sur ce chemin.

Il est plus facile d'illusionner les Français, d'exacerber les amertumes car devant la compétition mondiale que nous connaissons les promesses et les moulins à vent ne servent à rien.

 

Dans le Gard Rhodanien, nous devons soutenir sans état d'âme le secteur nucléaire qui est un atout formidable pour notre territoire mais surtout pour la politique énergétique de la France. Même s'il souffre encore, le secteur de la viticulture se redresse grâce aux efforts de toute la filière. Le tourisme, par sa diversité et la qualité de l'offre, a surmonté la crise.

La labellisation des laboratoires d'excellence ChemMISyst sur le site de Marcoule, celui des Arts et Médiations Humaines de Villeneuve lez Avignon, développés en collaboration avec l'université de Paris 8 et le Pôle d'Excellence Rurale Scène Campagne, porté  par la communauté de commune de Valcézard que j'ai soutenus auprès du Gouvernement sont de bonnes nouvelles pour notre développement.

Aussi, continuons ensemble nos efforts pour l'attractivité et l'emploi, sans oublier ceux qui souffrent.


 

Bien à vous.

Jean-Marc ROUBAUD,
Député du Gard,
Maire de Villeneuve lez Avignon.