Suspension des travaux parlementaires à l'Assemblée Nationale : le lundi 12 mars 2012.

Questions au gouvernement

G 20 - Sommet de Cannes. perspectives

Question n°3493
Ministère interrogé : Économie, finances et industrie

Publié au JO le

RÉUNION DU G20

M. le président. La parole est à M. Jean-Marc Roubaud, pour le groupe de l'Union pour un mouvement populaire.
M. Jean-Marc Roubaud. Merci, monsieur le Premier ministre, de rétablir un peu d'esprit républicain dans cette assemblée démocratique.
Ma question s'adresse à M. François Baroin, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
Monsieur le ministre, le Président de la République avait, à l'occasion de la présidence française du G20 il y un peu plus d'un an, fixé des objectifs ambitieux et il avait raison car dans cette période de turbulence économique que nous traversons, on voit bien que des solutions franco-françaises n'auraient apporté aucune réponse satisfaisante.
Dans ce cadre, vous vous êtes rendu le 22 septembre dernier à Washington pour une réunion des ministres des finances et gouverneurs de banque centrale du G20. Il s'agit de trouver des solutions face à la fluctuation des marchés financiers, face au ralentissement de la croissance, à l'affaiblissement de la zone euro, et, surtout, face aux inquiétudes grandissantes. Je rappelle que, parallèlement, le volet social n'est pas oublié puisque, depuis hier, Xavier Bertrand réunit à Paris les ministres du travail et de l'emploi du G20 .
Pouvez-vous nous indiquer si des avancées significatives ont été obtenues à Washington et nous dire si nous pouvons, à l'occasion du sommet des chefs d'État du G20 au mois de novembre, espérer enfin de bonnes nouvelles. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
M. François Baroin, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie. Monsieur le député, d'abord merci de poser cette question. Vous connaissez cette matière puisque vous avez été missionné par le Président de la République pour accompagner sur le plan parlementaire le déroulement dans notre pays du G20 sous présidence française.
À l'occasion des assemblées générales du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, nous avons discuté de la situation, qualifiée par tous de sérieuse, et qui nécessite de coordonner une réponse collective et mondiale à la fois pour régler les problèmes d'instabilité dans un certain nombre de zones, la zone euro singulièrement, et pour créer les conditions d'un cadre de croissance durable, équilibrée et forte, partagée par tous, avec des déclinaisons sociales souhaitées par la présidence française, comme vous l'avez dit, à l'occasion du sommet qui se tiendra à Cannes début novembre sous présidence française.
Nous nous sommes d'abord entendus sur le diagnostic. Il y a eu trois crises à répétition depuis quatre ans.
M. Paul Giacobbi. Vous ne comprenez rien ! C'est la même crise depuis le début !
M. François Baroin, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie. Une première crise, celle des subprimes, dont l'épicentre se situait aux États-Unis.
Une deuxième crise, première réplique, avec Lehman Brothers, qui a entraîné l'effondrement du système bancaire, dont l'épicentre était également aux États-Unis.
Une troisième crise, deuxième réplique, que nous traversons aujourd'hui et qui est l'une des conséquences des deux précédentes. Pour sauver les économies des particuliers et l'irrigation de l'activité économique à travers la protection du dispositif bancaire, les États ont accepté de prendre sur leurs épaules le fardeau de la dette privée transformée en dette publique et c'est donc bien cette dette publique que nous avons aujourd'hui à régler.
C'est le cas en France, c'est le sens du budget qui sera présenté sous l'autorité du Premier ministre, en présence du Président de la République, au conseil des ministres demain, budget qui complètera les efforts de la stratégie pluriannuelle d'économies et de maîtrise des dépenses et d'ajustement à la croissance. C'est le sens également de ce qui se fait aux États-Unis sous la présidence d'Obama dans le plan d'économies. C'est le sens de l'action collective que nous déclinons à travers l'accord du 21 juillet pour stabiliser la zone euro. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)



Question au Gouvernement de Jean-Marc ROUBAUD sur l'avenir de l'agriculture dans le cade du G20 - 22 juin 2011.

commerce international - céréales. cours. stabilisation

Question n°3398
Ministère interrogé : Agriculture, alimentation, pêche, ruralité et aménagement du territoire

Publié au JO le 30/08/2011

G20 AGRICULTURE

M. le président. La parole est à M. Jean-Marc Roubaud, pour le groupe de l'Union pour un mouvement. Populaire.
M. Jean-Marc Roubaud. Ma question s'adresse à M. Bruno Le Maire, ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire.
Monsieur le ministre, l'agriculture est un enjeu majeur au niveau mondial car il faudra, à l'horizon 2050, nourrir neuf milliards d'individus. Aujourd'hui, 1,3 milliard de personnes travaillent dans l'agriculture, qui représente 10 % du commerce mondial.
Il y a deux problèmes majeurs.
Le premier, c'est l'insuffisance de la production. Si nous ne faisons rien, nous aurons affaire à des émeutes de la faim comme on en a connu déjà en Haïti, au Sénégal, plus récemment au Mozambique ou encore dans les pays du Maghreb.
Le second, c'est la volatilité des prix en matière agricole. Il est indispensable que nous fassions quelque chose car si nous en connaissons les causes que sont bien sûr les aléas climatiques et les catastrophes naturelles, il y a aussi la spéculation et la financiarisation des marchés de matières premières. Or celles-ci conduisent à des coûts élevés pour les consommateurs et à des prix bas pour les producteurs, et c'est insupportable.
Il faut donc assurer la transparence et l'encadrement de ces marchés de même que la gestion des crises agricoles. C'est indispensable et, pour ces raisons, le Président de la République a inscrit, dans le cadre de la présidence française du G20, la volatilité des prix des matières agricoles comme un sujet prioritaire, ce qui a été accepté par nos partenaires.
Vous réunissez aujourd'hui et demain, à Paris, les ministres de l'agriculture des pays du G20 pour une feuille de route ambitieuse. Aussi, monsieur le ministre, pouvez-vous nous préciser quelles sont les discussions engagées et quelles sont leurs perspectives, particulièrement importantes ? (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)
M. le président. La parole est à M. Bruno Le Maire, ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire.
M. Bruno Le Maire, ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire. Monsieur Jean-Marc Roubaud, tout le monde a conscience, sur tous les bancs de cette assemblée et au-delà, que l'agriculture est un des enjeux stratégiques majeurs du XXIe siècle, et ce pour une raison simple : nous ne savons pas comment nourrir, ni aujourd'hui ni pour demain, l'ensemble de la planète. Les paysans, comme les consommateurs et les pays les plus fragiles de la planète, sont confrontés à la volatilité excessive des prix agricoles mondiaux, et des millions de personnes sont encore confrontées, à travers le monde, au problème de la faim. Un prix du blé qui passe de 200 euros à 250 euros la tonne en quelques semaines, un prix du maïs qui passe de 180 euros à 230 euros la tonne en quelques semaines, c'est inacceptable pour les paysans, c'est inacceptable pour les consommateurs, c'est inacceptable pour les pays les plus fragiles de la planète.
Nous pouvons tous être fiers qu'à l'initiative du Président de la République, Paris soit, pendant deux jours, la capitale de l'agriculture mondiale, et qu'à son initiative, la France ait placé la question agricole et celle de l'alimentation au coeur des enjeux du G20.
Nous négocions depuis un an sur un plan d'action très concret, qui repose sur cinq points : plus d'investissement dans l'agriculture des pays en développement qui souffrent de la faim ; plus de coopération entre les États membres du G20 ; plus de transparence pour connaître exactement les stocks et la production alimentaire mondiale ; plus de protection pour éviter les effets de la spéculation sur les pays les plus fragiles ; plus de régulation sur les marchés financiers car nous ne pouvons pas accepter que certains acteurs financiers spéculent sur l'alimentation et donc sur la faim dans le monde.
Oui, certes, la négociation est difficile, je l'ai déjà dit. Oui, elle sera compliquée jusqu'au bout parce qu'il est compliqué d'harmoniser les intérêts, sur des sujets aussi stratégiques, des vingt États les plus puissants de la planète. Mais je l'affirme très clairement devant toute la représentation nationale : soit nous parvenons à un accord substantiel sur l'ensemble des cinq points, comme le souhaite le Président de la République, et nous aurons ouvert la voie vers la renégociation et l'investissement dans l'agriculture mondiale pour demain ; soit nous n'aurons pas d'accord sur les cinq points. Mais nous ne nous contenterons pas de demi-mesures car nous voulons un vrai plan pour l'agriculture mondiale de demain. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe UMP.)
M. Raymond Durand et M. François Sauvadet. Très bien !



Question au Gouvernement de Jean-Marc ROUBAUD sur la Présidence Française du G20 du mardi 25 janvier 2011.

relations internationales - G 20 - présidence française. ordre du jour

Question n°2888
Ministère interrogé : Économie, finances et industrie

Publié au JO le 26/01/2011

PRÉSIDENCE FRANÇAISE DU G20

M. le président. La parole est à M. Jean-Marc Roubaud, pour le groupe de l'Union pour un mouvement populaire.
M. Jean-Marc Roubaud. Ma question s'adresse à Mme la ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
La France a pris la présidence du G20 en novembre dernier ; la présidence française s'achèvera lors du sommet de Cannes, en novembre prochain.
Hier, lors d'une conférence de presse au monde diplomatique et à la presse internationale et nationale, le Président de la République a défini le cadre des priorités - capitales en cette période de sortie de crise - qu'il se donne afin de réagir à une mondialisation débridée.
Nous devons être conscients du fait que le protectionnisme, le repli sur soi, la fermeture des frontières ou le retour au franc sont des réponses indignes, qui relèvent d'une pure posture politicienne.
Lors de cette conférence de presse, le Président de la République a annoncé que son agenda, comme les sujets auxquels il a donné la priorité en matière de transactions financières, de réforme du système monétaire, de prix des matières premières et de prix des denrées agricoles, avaient été acceptés par les membres du G20. C'est une très bonne nouvelle, car certains de ces sujets étaient tabous il y a seulement six mois.
Madame la ministre, avec vos homologues européens, vous contribuez à la réussite de cet agenda. Pouvez-vous nous dire comment les négociations progressent, et ce que l'on peut en attendre ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UMP. - " Allô ! Allô ! " sur plusieurs bancs du groupe SRC.)
M. le président. La parole est à Mme Christine Lagarde, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
Mme Christine Lagarde, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie. Monsieur Roubaud, vous connaissez bien les questions liées à la mondialisation, auxquelles vous avez consacré un excellent rapport. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UMP. - Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)
Depuis le mois de novembre, le Président de la République a pris la mesure de ces questions ; il a beaucoup écouté, beaucoup consulté, ce qui lui a permis d'identifier les têtes de chapitre du programme de la présidence française du G20 - lequel, vous le savez, rassemble les principaux États de l'économie mondiale.
Le Président de la République a présenté hier cet ordre du jour, identifiant plusieurs rubriques dont je vais vous donner la liste et l'état d'avancement.
Pour lutter contre le protectionnisme commercial et monétaire, le premier objectif est la coordination des politiques monétaires, afin d'éviter les déséquilibres macroéconomiques.
Deuxièmement, pour assurer la sécurité et la stabilité financières, il nous faut améliorer la régulation du système financier.
Troisièmement, nous devons évidemment lutter contre les variations de change, redoutables pour les pays comme pour les entreprises. Tel est le sens de la réforme du système monétaire international. Sachez que l'Allemagne a accepté d'être le chef de file de ces travaux.
Quatrièmement, il faut naturellement éviter les variations très brutales du cours des matières premières, notamment agricoles. Bruno Le Maire et moi-même y travaillons, et la Russie a accepté de présider le groupe de travail consacré à cette question.
M. Henri Emmanuelli. On est sauvés !
Mme Christine Lagarde, ministre. Enfin, il nous faut impérativement travailler à la gouvernance mondiale, pour inclure plutôt qu'exclure, pour introduire du lien entre les institutions internationales là où il fait défaut, et pour procéder selon une logique de réciprocité mesurée, indispensable, en particulier, au respect des normes sociales. La Grande-Bretagne a accepté de présider le groupe qui y travaillera.
Je précise à la représentation nationale que je recevrai dans quinze jours les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales et que je la tiendrai informée des suites de cette rencontre. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)


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